Ne craque pas pour le carnet A.

Ne tombez pas dans le piège du livret A !

Ne craque pas pour le carnet A.

Rédacteur en chef

L‘équation se complique pour votre épargne. Alors que vous avez depuis longtemps renoncé aux placements monétaires, laminés par les politiques de taux bas des banques centrales, vous voilà maintenant confronté au phénomène de l’inflation, plus spectaculaire et durable que prévu : + 7 % aux Etats-Unis, + 5 % en zone euro ou encore + 2,80 % en France rien que pour le mois de décembre en rythme annuel ! Résultat, même les placements qui offrent encore un peu de rendement sur le papier se retrouvent hors jeu du simple fait qu’ils ne permettent plus de préserver votre pouvoir d’achat. Il faut là impérativement établir la distinction entre taux nominal et rendement réel, c’est-à-dire défalqué de l’inflation. Si le livret A et le livret de développement durable et solidaire (LDDS) rapporteront 1 % par an à partir du 1er février (contre 0,50 %), leur rendement réel demeurera négatif de plus de 1 %.

Et pourtant, les Français plébiscitent largement ces produits fétiches puisqu’ils y ont consacré plus de 20 milliards d’euros l’an dernier. Le récent coup de pouce du Gouvernement au livret A pourrait même les inciter à augmenter la mise, alors qu’il serait préférable de rediriger ce surcroît d’épargne vers des placements plus productifs et potentiellement plus rémunérateurs (sans compter qu’une telle mesure alourdira le coût du financement du logement social en France). Même constat pour les fonds en euros de l’assurance vie, dont le rendement est déjà tombé à 1,30 % en 2020 et pourrait refluer vers 1,15 % en 2021. Là encore, la performance ne permet plus de compenser les ravages causés par l’inflation, mis à part, quelques bons contrats, qui font de plus en plus figure d’exception. Ce qui n’empêche pas la collecte sur ces supports de progresser. La raison ? Ils continuent, au même titre que les livrets A et autres LDDS, d’offrir une garantie en capital dont les épargnants sont toujours particulièrement friands.

Soit ! Mais que faire si l’inflation perdure ? Subir l’érosion de votre patrimoine sous prétexte qu’il est en sécurité ? Tout dépend bien sûr de votre horizon de placement. Un besoin planifié à relativement court terme justifiera une épargne de précaution disponible, même avec un rendement réel négatif. Mais pour le reste, mieux vaut explorer de nouveaux territoires, quitte à s’orienter vers des classes d’actifs un peu plus risquées. L’immobilier physique (location nue ou meublée) ou papier (SCPI, SCI, OPCI) le permet, d’autant que les loyers profitent des clauses d’indexation sur le niveau d’inflation et que les taux de crédit restent attractifs pour investir. Plus risquées, les actions peuvent également offrir une alternative intéressante grâce au rendement issu des dividendes, mais aussi aux perspectives de plus-value que l’on est en droit d’attendre de ce type de placement sur longue période.

Les livrets pour le court terme, les actifs risqués pour préserver votre capital

Il n’est pas trop tard pour agir. Car l’inflation ne disparaîtra pas du jour au lendemain, compte tenu des perspectives de croissance alimentées par les politiques budgétaires expansives et des quantités de liquidités impressionnantes présentes dans le système financier. Entre sécurité et rendement, vous devez faire des choix selon votre profil et votre situation, mais tout miser sur la sécurité ne vous permettra pas de préserver votre capital. Nos solutions dans le dossier de ce numéro !